L’opération de la cataracte

C'est l'opacification de la lentille naturelle de l'oeil, le cristallin. Il n'y a actuellement aucun traitement médical qui permet de rendre sa transparence au cristallin. L'intervention chirurgicale devient nécessaire quand on note une baisse d'acuité visuelle gênante dans la vie quotidienne ou en cas d'éblouissement invalidant pour la conduite automobile.

Sommaire


L’intervention

Elle consiste à remplacer le cristallin par une lentille artificielle dont on calcule la puissance afin d'obtenir une vision optimale de loin sans lunettes. L'intervention est classiquement réalisée par la technique de phacoémulsification qui consiste à pulvériser par des ultrasons la partie dure du cristallin. Pour cela, on réalise une incision de petite taille de l'ordre de 2 mm par laquelle on introduit l'instrument qui délivre les ultrasons. On aspire ensuite les débris qui sont collés à l'enveloppe du cristallin. Quand cette enveloppe est propre, on implante, à travers l'incision, la lentille intra-oculaire souple qui reprend sa forme initiale dans l'enveloppe du cristallin. A la fin de l'intervention, l'incision peut ou ne pas être suturée par un point de fil nylon qui pourra soit rester en place ou être enlevé au bout d’un mois.

L'anesthésie :

L'intervention est réalisée dans l’immense majorité des cas sous anesthésie locale dite topique. Elle consiste en l'application sur l'oeil de gouttes ou de gel anesthésiants rendant l'oeil insensible. Dans les cas d'anxiété majeure, de mauvaise compréhension de la langue française ou d’une surdité par exemple, on peut compléter cette anesthésie par l'injection d'une substance anesthésiante réalisée soit par l'anesthésiste autour de l'oeil ou par le chirurgien, sous la conjonctive. Il n'y a donc aucune douleur pour le patient qui regarde la lumière du microscope durant l'intervention et ne perçoit simplement que l'éclat de la lumière. En revanche, l'oeil garde sa mobilité.

Quant à l'anesthésie générale, elle reste exceptionnelle.

Les soins pré-opératoires :

La complication la plus grave de la chirurgie de la cataracte étant l'infection, il convient de prendre des précautions pré-opératoires qui sont la prise d'une douche à la bétadine, de la tête aux pieds, la veille et le matin de l'intervention. Elle est rendue obligatoire pour pouvoir être opéré de la cataracte ainsi que pour de nombreuses d'interventions chirurgicales et réduit considérablement la quantité de germes cutanés toxiques notamment le staphylocoque doré. L'intervention de la cataracte nécessitant une dilatation de la pupille, le patient sera amené à instiller un collyre permettant cette dilatation, une heure avant l'intervention, au domicile ou à l'arrivée à la clinique. Il n'aura pas d'autres précautions pré-opératoires à prendre.

La prévention de l'infection :

Outre la douche à la bétadine l'intervention nécessitera, en pré-opératoire, la désinfection oculaire répétée de l'oeil à la bétadine ophtalmique réalisée par le chirurgien ou son aide avant l'intervention. A la fin de l'intervention, le chirurgien injectera dans l'oeil, un antibiotique de manière à éviter la prolifération bactérienne en post-opératoire et prévenir tout risque d'endophtalmie.

Les soins post-opératoires :

Le patient devra instiller des collyres anti-inflammatoires et antibiotiques à raison de 3 ou 4 fois par jour pour une durée d'un mois environ. S'y associera la pose d'un pansement oculaire voire d'une coque la nuit pendant les premières nuits post-opératoires. Il sera revu dans les jours qui suivent l'intervention puis un mois plus tard pour la prescription de la correction définitive. L'instillation des collyres nécessite une hygiène impeccable (lavage des mains, vérification de la durée de validité des collyres).

Les complications :

Elles sont rares. La plus grave reste l'infection oculaire ou endophtalmie qui concerne moins d'un patient sur mille. C'est une infection nosocomiale liée à la pénétration d'un microbe dans l'oeil au moment de l’intervention ou dans les suites opératoires, la prise en charge doit être rapide avec l'injection intra-oculaire d'antibiotique actif contre l'infection.

La rupture capsulaire c'est à dire la rupture de l'enveloppe du cristallin au cours de l'intervention peut également survenir, sa fréquence est de l'ordre de 1 %. Dans ce cas là, l'implant ne peut être mis dans l'enveloppe du cristallin puisqu'elle est rompue mais placé au devant de l'enveloppe ce qui rallonge l'intervention de quelques minutes.

Il peut survenir également des complications inflammatoires postopératoires tel que l'oedème maculaire mais qui restent extrêmement rares, de l'ordre de 1 à 2 %. Cet oedème résulte de l'ouverture de l'oeil lors de la chirurgie et se manifeste par une baisse d'acuité visuelle qui apparaît quelques semaines après l'intervention. Il est regressif grâce à l'instillation de collyres anti-inflammatoires de manière prolongée associée ou non à des comprimés. Dans les jours qui suivent l'intervention, peuvent apparaître également des signes d'inconfort qui sont liés le plus souvent à une irritation oculaire, appelée kératite due à la toxicité propre des collyres et qui s'estompent rapidement avec la baisse du nombre d'instillations et l'ajonction de collyres lubrifiants.

Les différents implants pour corriger l'ablation de la cataracte :

Classiquement, après une opération de la cataracte, l'implant mis en place est un implant dit monofocal qui permet le plus souvent une excellente récupération de l'acuité visuelle de loin sans lunettes. Cet implant peut être sphérique, asphérique et/ou torique. Dans ce dernier cas, on parvient à corriger des astigmatismes préopératoires parfois très importants permettant au patient de se passer de lunettes en vision de loin.

Il existe également des implants multifocaux, permettant la correction de la vision de loin et de la vision de près.

La cataracte secondaire :

La cataracte secondaire survient après chirurgie du cristallin avec mise en place d'un implant dans le sac capsulaire. Elle apparaît quelques années après l'opération, parfois plus précocement, le délai d'apparition variant en fonction de l'âge du patient et du matériau de la lentille intra-oculaire. Elle consiste en une opacification progressive de l'enveloppe du cristallin par la prolifération de cellules résiduelles du cristallin enlevé lors de la chirurgie de la cataracte. Quand la baisse d'acuité visuelle devient gênante, on réalise une capsulotomie (ouverture du sac cristallinien) au laser Nd-Yag. Cette intervention est non douloureuse, se réalise au cabinet et ne dure que quelques minutes. Elle n'a que de très rares complications.