Les différents implants pour la chirurgie de la cataracte

Lors de la chirurgie de la cataracte, on met en place un cristallin artificiel aussi appelé implant cristallinien. En effet, le cristallin naturel est une lentille dont la puissance intervient dans la puissance totale de l’oeil, ne pas le remplacer induirait nécessairement un défaut de vision très important.

Il existe plusieurs types d’implants cristalliniens :


1/ L’ implant de chambre antérieure

C’est le premier type d’implant mis au point. Il est mis en place dans la chambre antérieure de l’oeil c’est à dire dans la zone délimitée en avant par la cornée et en arrière par l’iris.

implant-chirurgie-cataracte

Il existe deux façons de maintenir cet implant dans la chambre antérieure : soit en le fixant à l’iris (implant à fixation irienne comme l’Artisan) soit en le positionnant dans l’angle entre la cornée et l’iris appelé angle irido-cornéen (implant à support angulaire). Dans les deux cas, la proximité de la cornée peut occasionner des dommages au niveau de l’endothélium et ce type d’implant n’est mis en place qu’en cas d’impossibilité de mettre un implant de chambre postérieure.

2/ L’ implant à fixation sclérale

Il est mis en place dans des conditions exceptionnelles souvent post-traumatiques où chambres antérieure et postérieure de l’oeil présentent des modifications empêchant la mise en place d'un implant de chambre antérieure ou postérieure.

3/ L’ implant de chambre postérieure

C’est l’implant de première intention, mis en place de préférence dans le sac cristallinien après avoir aspiré le cristallin. En cas de fragilité du sac, on peut être amené à le mettre en avant du sac mais toujours en arrière de l’iris (le sulcus).

Cet implant, contrairement aux précédents qui ne sont mis en place que dans des circonstances particulières, peut se décliner de multiples manières.

3.1 L’implant monofocal

C’est le plus classique, il ne corrige qu’une seule focale c’est-à-dire qu’une seule distance de vision. C’est celui qui peut toujours être proposé au patient opéré de cataracte. En général, on choisit de privilégier la vision de loin et de réserver le port d’une correction en lunettes à la vision de près. Cependant, dans certains cas notamment chez les myopes qui sont habitués à une excellente vision de près sans correction, on peut aussi corriger la vision de près par l’implant en laissant une myopie qui sera corrigée par des lunettes en vision de loin.

3.2 L’implant multifocal

C’est un implant qui présente plusieurs focales et qui permet donc de corriger plusieurs distances de vision. Ils ne sont proposés qu’aux patients ne présentant aucune autre pathologie (glaucome, DMLA, dystrophie cornéenne) afin d’optimiser le résultat postopératoire.

Actuellement, les implants les plus utilisés sont trifocaux et permettent donc de corriger la vision de loin, la vision intermédiaire et la vision de près. Malgré des progrès technologiques constants, ils peuvent encore occasionner des phénomènes visuels tels que halos ou éblouissements qui peuvent être gênants pour 10 à 20% des patients notamment pour la conduite de nuit. Ces effets indésirables sont liés à la technologie de l’implant basée sur le partage de la lumière entre différents foyers et ne sont pas des complications. Les patients sont toujours avertis au préalable de cette éventualité et font leur choix en conséquence. Par ailleurs, ces implants présentent un surcoût par rapport à l’implant monofocal.

3.3 L’implant à profondeur de champ

C’est un intermédiaire entre les deux précédents permettant de restaurer la vision de loin et la vision intermédiaire (vision sur l’ordinateur, la partition …) avec un risque quasi nul de phénomènes visuels secondaires. En revanche, la vision de près nécessite une correction.

3.4 L’implant à champ de vision étendue

Il s’agit d’un nouveau concept optique permettant d’obtenir une excellente vision de loin et intermédiaire et une bonne vision de près. La lecture de très petits caractères (notice de médicaments, annuaire…) nécessite une correction. En revanche, les phénomènes visuels (halos) sont moindres qu’avec un implant trifocal classique.

3.5 L’implant torique

Il permet la correction de l’astigmatisme de la cornée ce qui est indispensable si l’on veut obtenir une vision de qualité aussi bien de loin que de près. Son utilisation est particulièrement importante en cas d’utilisation d’un implant multifocal s’il existe un astigmatisme de plus d’une dioptrie.